30 décembre 2009
Danse avec les loups 2.0
25 décembre, Charente, 15H00. En vrac, 2 matelas dans la mégane, des coussins, un ordi, 5 personnes entassées, et c'est parti, direction Bordeaux.
Balade dans des rues lumineuses et quasi-désertes. Très belles ces rues d'ailleurs, et enfin cinéma, parce qu'il fait nuit, froid et vent. Et donc Avatar.
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En français la faute aux 4 autres qui "ne peuvent lire et regarder en même temps".
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Mais quand même 2h40 de grand spectacle de paysages magnifiques et de trucages de haute-volée au service du discours de James Cameron. Avatar c'est "en gros" la conquête de l'Amérique revue et corrigée, une revisitation de Danse avec les Loups en mode 2.0. Des conquérants tous puissants, persuadés qu'ils peuvent tout se permettre face à des sauvages, des "singes bleus". Lesquels tentent de défendre un mode de vie, une façon de penser et des cultes ancestraux avec des armes dérisoires. Mais que peuvent-ils face à l'armée et à l'industrie, a l'absolu capitalisme?
On note des différence quand même avec le film de Costner, Danse avec les Loups, le héros, Jake Sully, contrairement à Dunbar, est plus ou moins contraint de s'imprégner de la culture des indigènes, et la fin diffère complètement, laissant entrevoir un maigre espoir, un homme qui se rapprocherait de la nature, se contentant de ce qu'elle lui offre (et elle offre beaucoup, à condition qu'on le lui rende), laissant tomber le trop plein de technologie qui pollue l'esprit et la terre.
Voilà, un peu d'optimisme dans ce monde de brute, de la magie et du spectacle, ce qui fait un très beau film de noël. Sur 2h40, il y a 30 minutes à jeter, un peu trop longues, mais rien à dire.
19 décembre 2009
tchii tcha!
La dernière séance ciné.
Je suis allée voir avec une amie Les vies privées de Pippa Lee. C'est vrai, au premier abord, le titre n'évoque rien, l'affiche ne donne pas spécialement envie de le voir et la bande annonce est pas non plus des plus attractives. Mais, parfois, il faut savoir dépasser ses a priori, dépasser son inertie et bouger ses fesses pour voir un film qui s'est révélé être plus qu'une bonne surprise, un vrai bon film, loin des blockbusters stéréotypés.
Mon amie, grippée, s'est endormie devant, mais moi j'étais dedans du début à la fin. L'actrice principale, Robin Wright Penn vue dans le rôle de Jenny, dans Forrest Gump, est magnifique et les personnages secondaires sont joués par des pointures qui, pour une fois, s'éloignent des rôles dans lesquels on ne les a que trop vus (Winona Ryder et Keanu Reeves pour ne citer qu'eux).
Je ne ferait pas de résumé de cette histoire, puisqu'elle n'est pas racontable. Mais si vous en avez l'occasion, allez le voir. Cependant il ne faut pas s'attendre à de l'action trépidante, ce film est lent, subtil, les personnages se croisent et tissent une intrigue tout en petites touches, parfois vives, incisives, ou au contraire ternes et sombres, violentes, tristes, mélancoliques...
28 novembre 2009
About the wild west
Le western est un genre ancien considéré comme le « cinéma américain par excellence ». Les premières images de l'Ouest Sauvage datent de 1894, lorsque William K. Laurie Dickson tourne des images de Buffalo Bill et de son « Wild West Show » avec le kinétoscope d'Edison et le premier film narratif américain est un western, Le Vol du rapide, d'Edwin S. Porter sorti en 1903. La conquête de l'ouest est encore récente (1890) mais le mythe est déjà présent. C'est un genre cinématographique très codifié, se déroulant presque toujours au milieu ou à la fin du XIXe siècle, laissant la part belle aux paysages des plaines ou du désert.
Cependant au début des années 60, l'âge d'or du western est déjà dix ans derrière, et les États-Unis s'embourbent dans la guerre du Vietnam. Le western de cette époque s'inspire plus du climat économique et politique que des légendes de l'ouest.
Dans les années 50, pendant ce qu'on appellera l'âge d'or du western, les westerns mettent en scène un Ouest sauvage conquit par des individus douteux ; le héros, fragile et faillible, devant mettre un terme à leurs exactions. Dans Rio Bravo (1958), Howard Hawks présente une ville prise d'assaut par des bandits qui veulent y faire leur loi. Le héros, Chance le shérif, interprété par John Wayne, accompagné par ses deux adjoints, Dude alcoolique (Dean Martin) et Stumpy, vieillard claudiquant (Walter Brennan), réussira à lutter contre une bande de brigands. Ce film déroge à la règle des grands espaces dans le western, puisqu'il est tourné en huis clos dans le village et contient une majorité de scènes d'intérieurs. Cependant, il applique les règles de mise en exergue de l'amitié virile, démontrant que l'union fait la force. Chacun des trois personnages principaux devra faire face à ses failles et les dépasser : Dude devra vaincre son addiction à l'alcool pour rester dans la bande. Le héros, comme souvent dans le western, est un homme épris de liberté, prêt à tout pour la défendre.
Mais, à partir des années 60, les réalisateurs montrent un désir de coller à la réalité : scandale du Water gate en 1972, guerre du Vietnam de 1954 à 1973, société puritaine et conservatrice, maccarthisme... C'est à cette époque que disparaissent quelques grands noms du cinéma : James Dean, Buster Keaton, John Wayne... peu à peu remplacés par de nouveaux acteurs et réalisateurs : Dustin Hoffman, Al pacino, Robert de Niro, Sam Peckinpah, Martin Scorcese...
Pendant cette même période, le cinéma, concurrencé par la télévision, traverse une crise. Le western, quant à lui n'a plus à cœur de défendre le courage des valeureux pionniers. Le genre est alors repris par les italiens qui en font un « western spaghetti » à l'action lente, aux dialogues quasi-inexistants et très sanglants, jouant sur une surenchère gratuite de violence (Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone en 1966, qui a d'ailleurs été l'objet d'un remake Coréen : Le Bon, La Brute et le Cinglé réalisé par Kim Jee-Woon en 2008, en est le parfait exemple). Ce western méditerranéen fait des émules de l'autre côté de l'Atlantique.
Le genre du western crépusculaire est né. Le premier du genre aux États-Unis est sans aucun doute La Horde Sauvage, Rio Bravo, Peckinpah prouve à quel point elles sont désuètes « dans un monde où la puissance des machines (le train ou la mitrailleuse) remplacent la morale. » (le Cinéclub de Caen). western réalisé par Sam Peckinpah en 1969. Ce film raconte l'histoire d'une bande de pillards qui, avant de raccrocher les armes, décide de faire un dernier coup. Sam Peckinpah, en réalisant ce film, voulait détruire toute trace de romantisme dans le western ; l'entreprise a échoué. Il joue sur les changements de plans ultra-rapides pendant les scènes de fusillades, combinés à un assourdissement du spectateur assaillit par les explosions des canons et fusils. Si les valeurs qui regroupent « la horde sauvage » sont très semblables à l'amitié virile démontrée dans les films de Howard Hawks, comme
Dans le même temps certains westerns tentent de réhabiliter le peuple indien, et cela dès les années 50 : La flèche brisée de Delmer Daves (1950), La dernière chasse de Richard Brooks (1955), Les Cheyennes de John Ford (1964), Soldat Bleu de Ralph Nelson, Little Big Man de Arthur Penn (1970), et plus récemment Danse avec les Loups de Kevin Costner (1990). Ces films ont tous pour thème la difficile et conflictuelle osmose entre l'homme et la nature, l'indien étant présenté comme l'homme fidèle à la nature, l'homme blanc comme le destructeur de ce fragile équilibre. Ce nouveau western met un terme à l'ancienne opposition homme civilisé contre homme sauvage, pour la remplacer par homme naturel contre homme artificiel.
Il faut en effet attendre assez longtemps pour que les réalisateurs s'intéressent à la cause indienne. Avec La Flèche brisée de Delmer Dave en 1950 « l'indien est libéré de l'image sanguinaire dans laquelle on l'a enfermé. Il retrouve toutes les nuances de sa personne. Il redevient un être humain qui lutte pour survivre sur sa terre grignotée par l'homme blanc. » (krinein.com). Bien que plusieurs films aient abordés le sujet dans les années précédentes, la critique est plus incisive à la fin des années 60, en ces années de massacre au Vietnam (le massacre de My Lay est directement pointé du doigt dans le Soldat Bleu de Ralph Nelson). Le thème récurent de ces westerns vus du côté des peaux rouges est l'adoption d'un blanc par les indiens, quelle soit consentie par l'homme blanc ou non.
Un homme nommé Cheval, sorti en 1969, montre un lord anglais capturé par une tribu de sioux et considéré comme un esclave, une bête de somme. Pour s'échapper, il va s'intégrer à la tribu en acceptant leurs coutumes, et finira par être considéré comme un homme. « Au final, l'homme blanc doit reconnaître l'évidence que les indiens sont à son image et n'ont pas à être traités de façon inférieure. » (Devildead.com). Ce film, dans la ligné de La prisonnière du désert de John Ford en 1956, s'approche plus du film d'aventures que du western à proprement parlé. En effet, ce qui le rattache au western n'est que le lieu et vaguement l'époque, puisque que situé au début du XIXe siècle. Mais, pour la première fois et contrairement à La prisonnière du désert, l'homme blanc captif des indiens tient le premier rôle.
En 1964, Thomas Berger sort son livre Little Big Man ou les mémoires d'un Visage Pâle, qui donnera le film éponyme réalisé par Arthur Penn en 1970. Ce livre, écrit à la première personne, narre les aventures de Jack Crabb, enlevé par une tribu d'indiens cheyennes à l'âge de onze ans. Naviguant constamment entre les deux civilisations, témoin impuissant de la conquête de l'Ouest et de la décimation du peuple indien, Jack Crabb connaîtra nombre de coup du sort et de retournement de situations. Tantôt du côté des blancs chasseurs de bisons, tantôt du côté des indiens vivant la bataille de la Washita River (1868), faisant une référence évidente au massacre de My Lay au Vietnam en 1968, l'intérêt du livre et du film réside dans le caractère de cet homme irascible et désagréable, mal éduqué mais toujours candide et naïf, balancé entre deux cultures qui ne font que s'opposer et s'affronter. Le film, comme le roman, se termine sur la bataille de la Little Big Horn, la dernière grande victoire indienne qui voit la mort du Général Custer.
Cependant, ce western est bien différent de Un homme nommé Cheval, et de Danse avec les loups. En effet, dans le premier les indiens ont l'air sortis d'un « carnaval ethnographique », joués par de vrais natifs, des anglo-saxons maquillés et même un hawaïen dans le rôle d'un chef de tribu. Loin de la réalité ethnique, ce film montre des indiens amendés puisque « sous-développés ». Dans le second, les indiens servent l'utopie Rousseauiste du réalisateur : l'homme naturel, fidèle à la nature, opposé à l'homme civilisé qui subit le dictat d'une société formatée.
Dans Little Big Man, Arthur Penn démystifie la conquête de l'Ouest dépeignant Wild Bill Hickok en névrosé anxieux, ne tournant jamais le dos à une porte, et Custer en tyran pédant. Les cheyennes qui adoptent Jack Crabb sont, en comparaison, aimables et courtois. Balloté d'un camp à l'autre, Jack Crabb « Little Big Man » voit la déchéance de la civilisation blanche et la destruction du peuple indien. Le réalisateur film les grandes valeurs comme la famille, la notion de propriété, la politique, et les personnages historiques fondateurs du mythe avec dérision. « Au final, Little Big Man se présente aussi comme une satire de l'american way of life qui cède facilement aux péchés capitaux tout en voulant se persuader de l'inverse. » (krinein.com)
Sorti la même année que Little Big Man, Soldat Bleu de Ralph Nelson retrace les évènements romancés entourant le massacre de Sand Creek en 1964 au Colorado. Semblables au westerns de Peckinpah, Soldat Bleu ne s'embarrasse pas de pudibonderie, le sang jaillit des plaies, on voit les mutilations perpétrés par l'armée américaine sur les indiens à la fin du film. La bataille est violente et bruyante : les coup de fusils retentissent, les sabres s'entrechoquent et font grincer des dents, les youyous des indiens sont couverts par le galop des chevaux et au dessus du vacarme quatre notes joués à la trompettes donnent un rythme au drame qui se déroule sous nos yeux.
Bien avant Danse avec les loups, Nelson met en scène un soldat (Honus Gant) initié aux rites indiens par une femme blanche devenue indienne (Christa Lee) : « femme atypique, consciente de l’impossibilité pour elle de devenir véritablement indienne, mais incapable d’accepter pour autant l’hypocrisie ou l’aveuglement du mode de vie des Blancs. » (Cinéann). Impuissants devant l'accumulation des signes, les deux héros assistent à un massacre gratuit, aucun des deux partis n'ayant voulu prendre le chemin de la paix. La question récurrente du film est pourquoi?, question sans réponse ou aux réponses fausses. Pourquoi les indiens attaquent-ils le convoi au début de l'histoire? Pourquoi indiens et blancs ne cherchent pas la négociation? Pourquoi le colonel Iverson choisit d'attaquer ce village, massacrant femmes, enfants, vieillards au même titre que les guerriers?
Le film s'achève sur une impression de gâchis, les soldats brandissant leur trophées : scalps, membres découpés ; violant en chantant les femmes indiennes, torturant en imitant les cris de guerres indiens. « Après avoir découvert que les sauvages ne l’étaient pas plus que lui, Gant, qui traverse le massacre en pleurant d’incompréhension et d’horreur, est emmené prisonnier en riant, brandissant la médaille que Christa lui a offerte, tandis que cette dernière contemple les ruines du village, ainsi que le nouveau cimetière qui orne le champ de massacre. » (Cinéann).
Usant de la même trame de fond, Kevin Costner dépeint un Far West idéal dans Danse avec les loups. Muté à sa demande dans un avant-poste déserté sur la frontière, le lieutenant John Dunbar attend les renforts, passant ses journées à parcourir la région puis à consigner dans le détail ses observations. Approché par des Sioux il va entretenir une relation d'abord de curiosité puis d'amitié avec eux ; il sera finalement adopté par la tribu lorsqu'il ramènera Dressée Avec Le Poing, femme blanche élevée par les sioux, au camp. L'histoire prend alors un tournant idyllique, Dunbar est à son tour adopté par la tribu, chasse le bison avec eux, les défend contre une attaque de Pieds Noirs et prend Dressée Avec le Poing pour femme. Cependant il est recherché par l'armée américaine pour trahison, comprend qu'il représente un danger pour ses amis indiens et les quittent en compagnie de sa femme.
Kevin Costner n'évoque pas dans ce film l'Amérique de la conquête de l'Ouest et qui n'existe plus, mais celle qu'elle aurait pu être sans la bêtise des hommes. Ne s'embarrassant pas de réalisme son film est empli de « paysages idylliques et de personnages droits [...] se battant pour des causes toujours justes et nobles. » (krinein.com). Plutôt que de dresser un portrait antagoniste entre les deux cultures, le film dépeint un art de vivre, de chasser et de se battre dénigré, perverti, écrasé par l'homme blanc. Les indiens sont présentés avec un respect sans précédent, avec intimité et affection en un peuple fier, vif et plein d'humour.
Danse avec les loups est un film qui parle d'harmonie avec les forces de la nature et les autres peuples dans une cohabitation parfaite et magnifiée, servit par des paysages grandioses. Versant parfois dans le mélodrame, Costner idéalise les indiens, hommes bons et naturels opposés aux hommes blancs, venus amener leur civilisation dans l'Ouest à grands coups de fusils. Le propos est éloquent, c'est le sang des indiens et des blancs qui a fait pousser la société moderne américaine, ne laissant qu'un vainqueur.
Le Western crépusculaire marque la fin du western en tant que genre, le public se désintéresse de ces films, dont les enjeux moraux sont repris par les films de science-fiction, ou les films-catastrophe. Après l'échec commercial des Portes du Paradis de Michael Cimino en 1981, le western connaît un long passage à vide, jusqu'à la sortie de Danse avec les loups, dix ans plus tard.
Malgré tout, le western se fait de plus en plus rare sur les écrans et ne connaît pas de succès retentissant. Pourtant quelques films et quelques réalisateurs auront eu le mérite de rendre hommage et honneur au peuple indien, décimé pour le territoire et la gloire de la civilisation occidentale.
Filmographie sélective:
Rio Bravo ; Howard Hawks, 1958
Un Homme nommé Cheval ; Elliot Silverstein, 1969
La Horde Sauvage ; Sam Peckinpah, 1969
Soldat Bleu ; Ralph Nelson, 1970
Little Big Man ; Arthur Penn, 1970
Danse avec les Loups ; Kevin Costner, 1990
Don't lean on me man, 'cos you can't afford the ticket, I'm back from suffragette city
Pour poursuivre dans la fibre féministe et écologique, hier soir sur arte dans la géniale émission "Tracks", ils passaient un doc très intéressant sur le Climate Rush et les Eco-Suffragettes. Un petit groupe de personne qui s'est dit qu'au lieu de répendre la parole sainte écolo à coup de semonce du genre : "la Terre va mourir sous les déchets nucléaires", ce qui est un état de fait sauf si l'on décide de renverser la vapeur rapidement, font des actions un peu plus fun à base de camping sauvage le plus écolo possible (aucun déchet laissé) et grande marche en habit de suffragette à travers l'Angleterre. En bref, en plus d'avoir l'air de bien s'amuser ils donnaient vraiment envie de se joindre à eux.
donc allez voir là, ici, et là
06 novembre 2009
Critique à froid
La mise à mort du mythe
Il était un temps où les monstres étaient monstrueux, où les héroïnes hurlaient gourdes qu'elles étaient.
Quand je pense à Dracula, de Bram Stoker, je pense à Willelmina Harker, véritable héroïne du récit, plus encore héroïque que son héros de mari. Stoker s'exprime par la bouche du docteur Van Helsing ainsi : « Ah! Cette Madame Mina, un cœur de femme et un cerveau d'homme. ». L'œuvre a la chance de dater du XIXe les termes clairement sexistes et machistes employés ne sont que le reflet malheureux de mœurs, tout aussi malheureuses, d'une époque. Malgré ces propos, Mina Harker à tout de l'héroïne moderne, femme émancipée, elle sauve son mari, met à profit sa damnation en espionnant Dracula pour le compte de ses amis et finalement vient à bout du non-mort. D'ailleurs celui ci est réellement effrayant et on se surprend aisément à râler contre ce stupide individu de Johnatan Harker qui comprends tout bien trop tard. Si l'épaisseur du volume victorien vous impressionne, voir l'adaptation de Francis Ford Coppola suffira pour saisir mon propos.
Finalement peu importe que le monstre ne soit pas impressionnant, il importe que l'héroïne soit à la hauteur. Ce que je veux dire c'est que cette Bella Swan n'arrivera jamais à la cheville d'une Mina Harker. D'abord et surtout parce qu'elle fait les tâches ménagères sans protester ou demander de l'aide à son père comme si cela lui était une tâche naturelle (certains vont aux toilettes, d'autres font la cuisine) ensuite parce que son père ne lève pas le petit doigt pour l'aider, il rentre du travail se met à l'aise, allume la télé, met ensuite les pieds sous la table et regarde des matchs de baseball. Le pire c'est que la gourgandine se sente redevable puisqu'il à la bonté de l'héberger. Ainsi notre héroïne se satisfait des corvées ménagères pendant que l'homme se divertit. Notons également que lorsqu'elle décide de regarder la télé (ce qui est rare) elle tombe comme par hasard sur une émission culinaire.
Servant les lubies paternalistes et arriérés de l'auteure notre charmante héroïne se rangera à l'avis de son amoureux (et non pas amant, puisque Bella comme Edward resteront vierges jusqu'au mariage) en se mariant à l'age de 18 ans comme si des années d'éducation, de sacrifices et de luttes féministe n'avaient pas existé ou étaient caduques dans le fantasme de l'écrivaine. Quand on lit ça on se demande si les suffragettes n'étaient pas un doux rêve. Le mouvement féministe est né aux États-Unis vers 1848, les américaines (blanches s'entend) obtiennent le droit de vote en 1920.
Bref, tout ça pour dire que l'émancipation de la femme est un combat qui ne date pas d'hier, et pourtant ce genre de bouquin promouvant l'idéal d'une femme attachée à sa cuisine et satisfaite de son sort, déguisant mal une morale chrétienne désuète après presque 50 ans d'amour libre et de tentative d'égalité entre les sexes, arrive à atteindre des records de ventes que je ne m'explique pas. Ce genre de livre est un danger pour toutes les jeunes filles fleur-bleues, qui sous couvert d'un remake assez bidon d'une fable à la Roméo et Juliette, défend les bonnes mœurs d'une femme convaincu que l'homme lui est supérieur. Il n'y a qu'a constater d'ailleurs comment Edward est fort par rapport à Bella, physiquement, mentalement, psychologiquement: il éclate un rocher d'un coup de poing, il est le meilleur dans toute les matières, il ne pleure jamais (oui, il ne peut pas) et maitrise ses émotions, sauf peut-être la colère à laquelle il à le droit de se laisser aller puisqu'il s'agit encore de faire rouler ses muscles et de serrer les dents. Par ailleurs il se comporte comme un père protecteur avec elle ne lui laissant que peu de libre arbitre.
Ce livre n'est pas un exemple isolé, il est le seul cependant qui connaisse un succès si retentissant, et est le reflet morbide de notre société sclérosée ou des femmes choisissent de se marier à 16 ans, de porter un voile intégral parce que selon elles cela préserve leur liberté, de ne pas travailler pour élever leurs enfants. Où est l'égalité des sexes souvent promise et que l'on pensait acquise?
27 septembre 2009
Constat... comme une maison à l'abandon!
Il s'en est passé des choses depuis que je ne suis plus venu écrire ici. D'abord j'ai vu 3 films d'animations, dans l'ordre de sortie: Volt, Ponyo et Coraline.
Volt c'est mignon et la SPA à dû avoir 15 fois plus de chiens, chats et hamsters a ramasser sur le bord des routes cette été à cause de ça. Le film est correct, drôle et émouvant c'est du Disney, c'est du Pixar, y'a de l'émotion et du rire, et puis c'est commercial, ça roule! (a part ça Disney signe ici la BO la plus pourrie avec comme chanson titre : "Un chien, un chat et un rongeur, c'est la recette du bonheur") On retiendra la scène de l'évasion de la fourrière, à mourir de rire.
Ponyo, c'est mille fois plus mignon que Volt et en plus je dois avouer que Miyazaki est quand même un de mes p'tits chouchous en matière d'animation. En gros et sans détail c'est une histoire "à la petite sirène" en beaucoup moins triste (je ne parle pas de la fable cucul qu'en a fait Disney, hein!) ET dans ces films là où il y a de la magie des magiciens des forces du bien et du mal et des princesses à délivrer, ben je suis comme une toute petite fille et j'y crois!
Coraline, c'est autre chose, animé en image par image par un des maîtres du genre, monsieur Henry Selick. Y a pas de princesse, mais bien de la magie, une sorcière monstrueuse et des mondes parallèles. Une claque parce que c'est beau, horrible et dur.
Ensuite il y'a eu mon PAS voyage à Barcelone de 5 jours, où j'ai PAS pris l'avion à Roissy pour Barcelone. Où j'ai été PAS voir les Ramblas et j'ai PAS admiré l'architecture de Gaudi. Quelques jours tranquilles où j'ai PAS été me baigner dans la Méditerranée, et j'ai PAS put faire admirer mon maillot de bain tout neuf! C'était chouette!
27 mai 2009
Sing me something, Joe!
Je me rappelle assez bien le meuble Hi-fi qui trônait dans le salon pendant les belles années 90, quand tout le monde habitait à Avon, et qu'il n'y avait pas d'ailleurs. On l'appelait le "Meuble Noir", parce qu'il était noir (c'est une vachement bonne raison), et c'était une plaie à nettoyer, parce qu'en plus de l'ampli, des enceintes, du lecteur de cassette, du tourne-disque, du lecteur CD et du tuner radio FM (si, si, la grande classe) y'avait aussi dessus des babioles en tous genres, des dessins d'enfants, de ceux dont on est persuadés longtemps que c'est des oeuvres d'art, la collection de grenouille de mon père, des piles de CDs, des tiroirs de 45 tours et de cassettes audio. Et enfin, la collection de Vinyles trônait fièrement au deuxième niveau du Meuble Noir.
Avant de savoir lire elle me fascinait déjà. Je me rappelle de ces matins brumeux (aussi bien météorologiquement que métaphoriquement) ou le père sortait un des précieux objets de son magnifique emballage de carton, le maintenait en équilibre sur trois doigts de sa main droite, ouvrait de la gauche le couvercle transparent du tourne-disque, levait son bras (celui du tourne-disque) et déposait délicatement la fine galette d'un noire profond. Ensuite, la machine se mettait en route et la magie de cette mécanique, somme toute rudimentaire, me figeait. Après quelques craquements la musique montait. Ce pouvait être une pièce de Mozart, Les Quatre Saisons de Vivaldi, Le Double Blanc des Beatles, du Louis Prima, ou même Songs in the Key of Life de Stevie Wonder... Peut importait, la musique sortait de cette étrange machine, plus étrange que le lecteur CD en forme de parallélépipède rectangle.
Quand à la collection de vinyles, j'adorait regarder les images. Je crois que j'ai toujours été comme ça, a regarder les images plus qu'a lire. Et dans ces images y'avait celle-ci que j'aimais bien:
Et j'aurais jamais cru que le mec qu'est sur l'image, ben, un jour je le verrait en concert. Mais c'est bon j'ai les places. So, can't you hear me laughing, can't you see me smile? (I'm the man, I'm the man, I'm the man)
24 mai 2009
stop motion
En ce moment aux beaux arts on fait de l'animation, et moi j'ai trouvé ça sur le net, et je dois dire que ça m'a bien plus.
OK, ce blog sombre de plus en plus, mais je promet des articles intéressants un jour!
07 mai 2009
Et je me suis endormie, persuadée que la magie existait...
Et d'ailleurs, c'est peut-être vrai. Peut-être, et même surement que la magie existe. Evidemment, je ne parle pas de pouvoirs surnaturels, de fées, de baguettes, de magiciens, sorciers, sortilèges et autres tours de magie. Tout ça même si ce serait effectivement fabuleux de faire venir à soit son bol de céréales tout prêt le matin, mais, j'ai du me rendre à l'évidence... ce genre de choses n'arrivent pas. Bref, quand j'avance que la magie existe, je sais de quoi je parle, et je ne suis pas en plein trip mystico-psychédélique.
Je veux dire, la magie existe dans des tas de détails quotidiens, aux rituels que nous effectuons chaque jour, a la routine que nous réfutons (ou pas) mais qui pourtant s'installe, parce qu'elle est rassurante. Quand je dis routine, je ne pense pas forcément à répéter sans cesse la même journée dans un schéma stricte, sorte de mouvement perpétuel et imperturbable, non. Non, je pense à tous les rites que nous effectuons chaque jour, ces petits mouvements anodins, qui en disent très long sur nous. Exemple: le matin je me lève et file à la salle de bain, je me maquille, ou pas, après un regard dans le miroir, retourne dans la chambre m'habiller et je vais petit-déjeuner. Et je fais exactement la même chose tous les matins, sauf le week end et d'autres fois aussi, mais ces fois là, la journée est plus difficile. Un véritable "rituel de réveil" enchantement qui doit réveiller la Belle qui dort en moi (sous la peau du monstre zombiifié). Il y en a d'autres tout au long de la journée. Le soir, je commence par vérifier que mon réveil est en marche, regarder l'heure, poser mes lunettes, me coucher sur le côté gauche, puis quelques minutes plus tard sur le droit...
Je crois que la démonstration est éloquente (cqfd) et que une certaine personne qui surveille de près ses robinets comprendras exactement ce que je veux dire.
27 avril 2009
Contes de Terremer
Il y a bien longtemps que j'ai pas mis un truc intéressant ici, et j'en suis désolée. Il y a deux raisons à cela : ma vie est trépidante j'ai pas le temps, et je m'emmerde, j'ai pas envie de poster sur mon blog...
Bref, je me suis auto-offert des dvds ces dernier temps : Dracula de Coppola (Boris m'a tout rayé mon ancien et pis comme ça j'ai une belle pochette et des beaux menus dans la version anniversaire), I'm not ther de Todd Haynes (Biopic ô combien génial et troublant sur la vie de Bob Dylan qui ne l'est pas moins), Princesse Mononoke de Hayao Miyazaki (que l'on ne présente plus mais qui manquait à ma collection, je sais, j'ai honte) et enfin les Contes de Terremer de Goro Miyazaki (premier long métrage animé du fils du précédent)
Bon alors, j'étais pas allée le voir au cinéma (j'lai raté) et si la question est de savoir si je l'ai aimé ou pas, si j'ai le droit de répondre à cette question par une interjection populaire je dirais "mouais". Voila, tout est dit j'ai aimé moyen. Au début je dois dire que j'étais assez contente, l'affiche était belle, les personnages avait le graphisme estampillé "Miyazaki", l'histoire parlait de mondes imaginaires et de magiciens, moi ça me branche. Ensuite, en visionnant le film, je me rend compte que le graphisme est à la fois plus fin et plus lourd. Les lumières et les ombres sont extrèmement détaillées, les décors sont beau mais pas aussi légés que ceux de Monsieur Miyazaki. L'ensemble n'est pas désagréable, bien que le "cheval" de Arren soit animé bizzarement.
Mais le problème n'est pas vraiment là, c'est avec l'histoire que ça se corse. Arren prince du royaume d'Enlad croise la route du magicien Epervier, lequel voit l'Equilibre du monde se détruire et tente de le rétablir. En gros, c'est le truc de base. Le soucis c'est qu'un nombre considérable d'informations et pistes sont données dans les 30 premières minutes et sachant que le film dure 1h30, mener tout à bien est impossible. Les portraits psychologiques des personnages sont à peines dressés que voila déja la fin du film! Moi j'aurais bien voulu comprendre tout un tas de truc sur Arren et Therru.
Il est en parti excusé parce que c'est un premier film (il débute, alors je suis indulgente), et aussi parce que c'est tiré de plusieurs romans de fantasy. Mais c'est peut-être là que ça pêche, justement. En voulant adapter un cycle de roman en un film d'une heure et demi, le réalisateur va au plus pressé et n'achève pas, moi je suis restée sur ma fin. (ah ah!)
buta connection (site super)





