06 novembre 2009
Critique à froid
La mise à mort du mythe
Il était un temps où les monstres étaient monstrueux, où les héroïnes hurlaient gourdes qu'elles étaient.
Quand je pense à Dracula, de Bram Stoker, je pense à Willelmina Harker, véritable héroïne du récit, plus encore héroïque que son héros de mari. Stoker s'exprime par la bouche du docteur Van Helsing ainsi : « Ah! Cette Madame Mina, un cœur de femme et un cerveau d'homme. ». L'œuvre a la chance de dater du XIXe les termes clairement sexistes et machistes employés ne sont que le reflet malheureux de mœurs, tout aussi malheureuses, d'une époque. Malgré ces propos, Mina Harker à tout de l'héroïne moderne, femme émancipée, elle sauve son mari, met à profit sa damnation en espionnant Dracula pour le compte de ses amis et finalement vient à bout du non-mort. D'ailleurs celui ci est réellement effrayant et on se surprend aisément à râler contre ce stupide individu de Johnatan Harker qui comprends tout bien trop tard. Si l'épaisseur du volume victorien vous impressionne, voir l'adaptation de Francis Ford Coppola suffira pour saisir mon propos.
Finalement peu importe que le monstre ne soit pas impressionnant, il importe que l'héroïne soit à la hauteur. Ce que je veux dire c'est que cette Bella Swan n'arrivera jamais à la cheville d'une Mina Harker. D'abord et surtout parce qu'elle fait les tâches ménagères sans protester ou demander de l'aide à son père comme si cela lui était une tâche naturelle (certains vont aux toilettes, d'autres font la cuisine) ensuite parce que son père ne lève pas le petit doigt pour l'aider, il rentre du travail se met à l'aise, allume la télé, met ensuite les pieds sous la table et regarde des matchs de baseball. Le pire c'est que la gourgandine se sente redevable puisqu'il à la bonté de l'héberger. Ainsi notre héroïne se satisfait des corvées ménagères pendant que l'homme se divertit. Notons également que lorsqu'elle décide de regarder la télé (ce qui est rare) elle tombe comme par hasard sur une émission culinaire.
Servant les lubies paternalistes et arriérés de l'auteure notre charmante héroïne se rangera à l'avis de son amoureux (et non pas amant, puisque Bella comme Edward resteront vierges jusqu'au mariage) en se mariant à l'age de 18 ans comme si des années d'éducation, de sacrifices et de luttes féministe n'avaient pas existé ou étaient caduques dans le fantasme de l'écrivaine. Quand on lit ça on se demande si les suffragettes n'étaient pas un doux rêve. Le mouvement féministe est né aux États-Unis vers 1848, les américaines (blanches s'entend) obtiennent le droit de vote en 1920.
Bref, tout ça pour dire que l'émancipation de la femme est un combat qui ne date pas d'hier, et pourtant ce genre de bouquin promouvant l'idéal d'une femme attachée à sa cuisine et satisfaite de son sort, déguisant mal une morale chrétienne désuète après presque 50 ans d'amour libre et de tentative d'égalité entre les sexes, arrive à atteindre des records de ventes que je ne m'explique pas. Ce genre de livre est un danger pour toutes les jeunes filles fleur-bleues, qui sous couvert d'un remake assez bidon d'une fable à la Roméo et Juliette, défend les bonnes mœurs d'une femme convaincu que l'homme lui est supérieur. Il n'y a qu'a constater d'ailleurs comment Edward est fort par rapport à Bella, physiquement, mentalement, psychologiquement: il éclate un rocher d'un coup de poing, il est le meilleur dans toute les matières, il ne pleure jamais (oui, il ne peut pas) et maitrise ses émotions, sauf peut-être la colère à laquelle il à le droit de se laisser aller puisqu'il s'agit encore de faire rouler ses muscles et de serrer les dents. Par ailleurs il se comporte comme un père protecteur avec elle ne lui laissant que peu de libre arbitre.
Ce livre n'est pas un exemple isolé, il est le seul cependant qui connaisse un succès si retentissant, et est le reflet morbide de notre société sclérosée ou des femmes choisissent de se marier à 16 ans, de porter un voile intégral parce que selon elles cela préserve leur liberté, de ne pas travailler pour élever leurs enfants. Où est l'égalité des sexes souvent promise et que l'on pensait acquise?
27 septembre 2009
Constat... comme une maison à l'abandon!
Il s'en est passé des choses depuis que je ne suis plus venu écrire ici. D'abord j'ai vu 3 films d'animations, dans l'ordre de sortie: Volt, Ponyo et Coraline.
Volt c'est mignon et la SPA à dû avoir 15 fois plus de chiens, chats et hamsters a ramasser sur le bord des routes cette été à cause de ça. Le film est correct, drôle et émouvant c'est du Disney, c'est du Pixar, y'a de l'émotion et du rire, et puis c'est commercial, ça roule! (a part ça Disney signe ici la BO la plus pourrie avec comme chanson titre : "Un chien, un chat et un rongeur, c'est la recette du bonheur") On retiendra la scène de l'évasion de la fourrière, à mourir de rire.
Ponyo, c'est mille fois plus mignon que Volt et en plus je dois avouer que Miyazaki est quand même un de mes p'tits chouchous en matière d'animation. En gros et sans détail c'est une histoire "à la petite sirène" en beaucoup moins triste (je ne parle pas de la fable cucul qu'en a fait Disney, hein!) ET dans ces films là où il y a de la magie des magiciens des forces du bien et du mal et des princesses à délivrer, ben je suis comme une toute petite fille et j'y crois!
Coraline, c'est autre chose, animé en image par image par un des maîtres du genre, monsieur Henry Selick. Y a pas de princesse, mais bien de la magie, une sorcière monstrueuse et des mondes parallèles. Une claque parce que c'est beau, horrible et dur.
Ensuite il y'a eu mon PAS voyage à Barcelone de 5 jours, où j'ai PAS pris l'avion à Roissy pour Barcelone. Où j'ai été PAS voir les Ramblas et j'ai PAS admiré l'architecture de Gaudi. Quelques jours tranquilles où j'ai PAS été me baigner dans la Méditerranée, et j'ai PAS put faire admirer mon maillot de bain tout neuf! C'était chouette!
27 mai 2009
Sing me something, Joe!
Je me rappelle assez bien le meuble Hi-fi qui trônait dans le salon pendant les belles années 90, quand tout le monde habitait à Avon, et qu'il n'y avait pas d'ailleurs. On l'appelait le "Meuble Noir", parce qu'il était noir (c'est une vachement bonne raison), et c'était une plaie à nettoyer, parce qu'en plus de l'ampli, des enceintes, du lecteur de cassette, du tourne-disque, du lecteur CD et du tuner radio FM (si, si, la grande classe) y'avait aussi dessus des babioles en tous genres, des dessins d'enfants, de ceux dont on est persuadés longtemps que c'est des oeuvres d'art, la collection de grenouille de mon père, des piles de CDs, des tiroirs de 45 tours et de cassettes audio. Et enfin, la collection de Vinyles trônait fièrement au deuxième niveau du Meuble Noir.
Avant de savoir lire elle me fascinait déjà. Je me rappelle de ces matins brumeux (aussi bien météorologiquement que métaphoriquement) ou le père sortait un des précieux objets de son magnifique emballage de carton, le maintenait en équilibre sur trois doigts de sa main droite, ouvrait de la gauche le couvercle transparent du tourne-disque, levait son bras (celui du tourne-disque) et déposait délicatement la fine galette d'un noire profond. Ensuite, la machine se mettait en route et la magie de cette mécanique, somme toute rudimentaire, me figeait. Après quelques craquements la musique montait. Ce pouvait être une pièce de Mozart, Les Quatre Saisons de Vivaldi, Le Double Blanc des Beatles, du Louis Prima, ou même Songs in the Key of Life de Stevie Wonder... Peut importait, la musique sortait de cette étrange machine, plus étrange que le lecteur CD en forme de parallélépipède rectangle.
Quand à la collection de vinyles, j'adorait regarder les images. Je crois que j'ai toujours été comme ça, a regarder les images plus qu'a lire. Et dans ces images y'avait celle-ci que j'aimais bien:
Et j'aurais jamais cru que le mec qu'est sur l'image, ben, un jour je le verrait en concert. Mais c'est bon j'ai les places. So, can't you hear me laughing, can't you see me smile? (I'm the man, I'm the man, I'm the man)
24 mai 2009
stop motion
En ce moment aux beaux arts on fait de l'animation, et moi j'ai trouvé ça sur le net, et je dois dire que ça m'a bien plus.
OK, ce blog sombre de plus en plus, mais je promet des articles intéressants un jour!
07 mai 2009
Et je me suis endormie, persuadée que la magie existait...
Et d'ailleurs, c'est peut-être vrai. Peut-être, et même surement que la magie existe. Evidemment, je ne parle pas de pouvoirs surnaturels, de fées, de baguettes, de magiciens, sorciers, sortilèges et autres tours de magie. Tout ça même si ce serait effectivement fabuleux de faire venir à soit son bol de céréales tout prêt le matin, mais, j'ai du me rendre à l'évidence... ce genre de choses n'arrivent pas. Bref, quand j'avance que la magie existe, je sais de quoi je parle, et je ne suis pas en plein trip mystico-psychédélique.
Je veux dire, la magie existe dans des tas de détails quotidiens, aux rituels que nous effectuons chaque jour, a la routine que nous réfutons (ou pas) mais qui pourtant s'installe, parce qu'elle est rassurante. Quand je dis routine, je ne pense pas forcément à répéter sans cesse la même journée dans un schéma stricte, sorte de mouvement perpétuel et imperturbable, non. Non, je pense à tous les rites que nous effectuons chaque jour, ces petits mouvements anodins, qui en disent très long sur nous. Exemple: le matin je me lève et file à la salle de bain, je me maquille, ou pas, après un regard dans le miroir, retourne dans la chambre m'habiller et je vais petit-déjeuner. Et je fais exactement la même chose tous les matins, sauf le week end et d'autres fois aussi, mais ces fois là, la journée est plus difficile. Un véritable "rituel de réveil" enchantement qui doit réveiller la Belle qui dort en moi (sous la peau du monstre zombiifié). Il y en a d'autres tout au long de la journée. Le soir, je commence par vérifier que mon réveil est en marche, regarder l'heure, poser mes lunettes, me coucher sur le côté gauche, puis quelques minutes plus tard sur le droit...
Je crois que la démonstration est éloquente (cqfd) et que une certaine personne qui surveille de près ses robinets comprendras exactement ce que je veux dire.
27 avril 2009
Contes de Terremer
Il y a bien longtemps que j'ai pas mis un truc intéressant ici, et j'en suis désolée. Il y a deux raisons à cela : ma vie est trépidante j'ai pas le temps, et je m'emmerde, j'ai pas envie de poster sur mon blog...
Bref, je me suis auto-offert des dvds ces dernier temps : Dracula de Coppola (Boris m'a tout rayé mon ancien et pis comme ça j'ai une belle pochette et des beaux menus dans la version anniversaire), I'm not ther de Todd Haynes (Biopic ô combien génial et troublant sur la vie de Bob Dylan qui ne l'est pas moins), Princesse Mononoke de Hayao Miyazaki (que l'on ne présente plus mais qui manquait à ma collection, je sais, j'ai honte) et enfin les Contes de Terremer de Goro Miyazaki (premier long métrage animé du fils du précédent)
Bon alors, j'étais pas allée le voir au cinéma (j'lai raté) et si la question est de savoir si je l'ai aimé ou pas, si j'ai le droit de répondre à cette question par une interjection populaire je dirais "mouais". Voila, tout est dit j'ai aimé moyen. Au début je dois dire que j'étais assez contente, l'affiche était belle, les personnages avait le graphisme estampillé "Miyazaki", l'histoire parlait de mondes imaginaires et de magiciens, moi ça me branche. Ensuite, en visionnant le film, je me rend compte que le graphisme est à la fois plus fin et plus lourd. Les lumières et les ombres sont extrèmement détaillées, les décors sont beau mais pas aussi légés que ceux de Monsieur Miyazaki. L'ensemble n'est pas désagréable, bien que le "cheval" de Arren soit animé bizzarement.
Mais le problème n'est pas vraiment là, c'est avec l'histoire que ça se corse. Arren prince du royaume d'Enlad croise la route du magicien Epervier, lequel voit l'Equilibre du monde se détruire et tente de le rétablir. En gros, c'est le truc de base. Le soucis c'est qu'un nombre considérable d'informations et pistes sont données dans les 30 premières minutes et sachant que le film dure 1h30, mener tout à bien est impossible. Les portraits psychologiques des personnages sont à peines dressés que voila déja la fin du film! Moi j'aurais bien voulu comprendre tout un tas de truc sur Arren et Therru.
Il est en parti excusé parce que c'est un premier film (il débute, alors je suis indulgente), et aussi parce que c'est tiré de plusieurs romans de fantasy. Mais c'est peut-être là que ça pêche, justement. En voulant adapter un cycle de roman en un film d'une heure et demi, le réalisateur va au plus pressé et n'achève pas, moi je suis restée sur ma fin. (ah ah!)
buta connection (site super)
07 avril 2009
Die Welle
et autres déambulations cinématographiques...
Alors, faut bien que j'en parle, et je dois avouer que j'ai un peu honte d'avoir donné des sous à un block buster américain, mais je suis aller voir Prémonition (Knowing, dans la version originale). Film catastrophe somme toute banale, avec crash d'avion et fin du monde. Mais nul. Et ceux qui voudraient absolument aller le voir ne sont pas obligé de lire ce qui suit: le scénariste, désespéré de ne savoir comment finir son film fait apparaître les axtra-terrestre à la fin, lesquels emmènent deux enfants, élus, avec eux... OH! la parabole biblique! Oh! les élus des témoins de Jéovah! Bref, nul, nul, nul! A ne pas voir!
Mais je suis aller voir La Vague en VOST (c'est allemand) très bon film!
Alors qu'il doit faire un cour sur l'autocratie, Rainer décide de montrer à ses élèves que un retour de la dictature est possible, même en Allemagne... es élèves se prennent rapidement au jeu et un mouvement naît rapidement: uniforme, emblême, salut, codes... tout y est... Comment peut-on être jeune et fasciste? Ce film l'explique très bien. On en sort avec le même arrière goût nauséeux que peuvent laisser des films comme This Is England, American History X, ou encore Elephant...
28 mars 2009
Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire de toi?
Petit bout de chose, petit kyste hors de moi qu'est ce blog...
Je profite de mon week end à rien faire, fenêtre ouverte sur le monde, ou plutôt la cour et les garages derrière l'immeuble. Toujours plein nord, balayé par les vents et la pluie toujours glacée de Caen. Je n'arrive pas à croire que cet endroit soit "chez moi". Cet endroit est là où je vit, est-il approprié à des études d'art? est-il aux normes anti-incendies? ne prend-t-il pas l'eau? peut-on y élever des pigeons? un crocodile s'est-il logé dans les canalisations de la cuisine? y a-t-il des fantômes prêts à surgir des placards? (bon, d'accords, il n'y a pas de placard)
Missions: ne pas se planter aux accrochages de mi-semestre; rendre en temps et heure les 3 devoirs écrits; survivre avec 3 oeufs, 4 yaourts, 3 oignons, un paquet de pain de mie (et le fond d'épicerie estudiantin) jusqu'à jeudi...
Je veux m'en aller!
img: Les immeubles d'en face, reflex argentique noir et blanc, mars 2009.
20 mars 2009
On stage
Quelques photos des Hoosiers sur scène (par moi) en Novembre dernier au Bataclan.
Le mot du jour: "Les mensonges c'est comme les gosses: c'est du boulot, mais c'est sur eux que repose notre avenir."
06 mars 2009
Hydrogen Jukebox
ou comment j'ai passé une nuit à l'opéra...
contentons nous de soirée, plutôt, comment j'ai bravé la fièvre et le froid des rues caennaise, pour me trainer jusqu'au théâtre de Caen (je précise c'était moi qui était fiévreuse, pas les rues!).
Bref, Hydrogen Jukebox est le titre rock and roll d'un opéra qui l'est également. C'est un opéra de chambre créé en 1990 par Allen Ginsberg, poète de la beat génération (inspirateur de Dylan, compagnon de Kerouac) et Philip Glass compositeur de musique minimaliste.
Opéra de chambre parce que seulement 6 chanteurs, tour à tour solistes et choristes (des voix superbes, en plus) et un petit orchestre composé de synthés, batterie, saxo, clarinette, flute traversière... Un moment que j'ai réellement apprécié, malgré mes genoux encastrés dans le siège de devant.
C'est l'histoire des Etats Unis à travers ses guerres et ses dysfonctionnements des années 50 à l'attentat du World Trade Center.
Et le gars en oncle Sam, c'est le chef d'orchestre.
Les photos sont tirés des représentations de Nantes, Angers et Dijon.









